Masterclass – Sorcières

Dès ses débuts le cinéma s’est emparé de la figure de la sorcière avec « Häxan » en 1922 et ne l’a plus jamais lâchée depuis, allant jusqu’à terrifier nos enfances avec la « Blanche-Neige » de Disney ou encore « Les Sorcières » de Nicolas Roeg. La sorcière est décidément partout sur nos écrans, encore aujourd’hui sous forme cinématographique, dans les séries comme « Penny Dreadful »… et bien sûr au BIFFF, où la sorcellerie a occupé une place de choix dans nos programmations depuis 1983, avec « Les Sorcières de Zugarramurdi » d’Alex de la Iglesia qui a remporté le Corbeau d’Or en 2013, ou encore de nombreux spécimens dans le programme de cette année (« Huesera », « Witch Hunt », …).

Mais quelle est la relation entre ces représentations de la sorcière (et l’évolution de celles-ci à travers le temps) et la réelle figure historique ? Souvent, on la classe dans le rayon « Méchante créature qui couche avec Belzébuth et mange les enfants », presque toujours vieille, laide et couverte de verrues. Une image qui date peut-être encore de l’époque où les autorités les brûlaient vivantes, soi-disant à cause de leur lien avec le Diable, mais peut-être aussi et surtout parce que ces « sorcières » ou plutôt ces guérisseuses et sage-femmes, en étant plus connectées avec la nature et la spiritualité, possédaient des connaissances que la médecine nouvellement émergente ne possédait pas.

Dès les années 70, des féministes telles Starhawks aux Etats-Unis ont réhabilité la figure de la sorcière et se sont revendiquées comme les héritières de ces femmes qui ont brûlé parce qu’elles dérangeaient trop les hommes. Ce mouvement semble gagner en ampleur chaque jour, à l’ère où beaucoup de gens (re)découvrent la spiritualité et les rites païens dans un monde et un environnement ravagés au nom du progrès rationnel et capitaliste. La parution en 2018 du livre « Sorcières : la puissance invaincue des femmes » de l’auteure suisse Mona Chollet a résonné chez beaucoup de lectrices et lecteurs, et il a été pour nous aussi un des points de départ pour cette masterclass.

On voyagera au cœur de la sorcellerie, à travers son histoire, de la persécution historique des sorcières à la figure féministe moderne en passant par ses représentations sur nos écrans. Cette masterclass rassemblera autour de la table plusieurs intervenantes : Frédérique Müller, responsable ‘environnement’ au PointCulture et experte de la sorcière comme figure éco-féministe, Camille Ducelllier, cinéaste et artiste multimédia qui travaille beaucoup autour de la sorcière (queer) et François Dubuisson, professeur à l’ULB spécialisé dans les représentations cinématographiques de la sorcière, modéré par Alexia Liévin (ULB Culture), qui a également coordonné l’exposition “Witches” à l’Espace Vanderborgt l’année dernière.

Quand ? 5 Septembre 2022

Quelle heure ? 18:30 

Où ? Cine 3

Sur réservation uniquement

En français uniquement