La Nuit Fantastique 2014

  • Samedi 12 avril – 23h, Palais des Beaux-Arts, Cine 1

Goal of the DeadCe match amical devait être une pure formalité pour l’Olympique de Paris ! Franchement, qu’avaient-ils à craindre de ce club amateur de Capelongue, zoning social perdu dans les grisailles du nord où même les prostituées du coin enchaînent plus de passes en une soirée que ces manchots du ballon rond ? Hé bien, primo, Samuel – l’attaquant vedette de l’O.P. – a un lourd passif avec le club de Capelongue, puisque c’est son ancien club, qu’il a lâchement déserté. Evidemment, tous les chômeurs consanguins et alcooliques (ou supporters, si vous préférez) ne l’ont pas oublié et comptent bien le lui rappeler. Deuzio, une vilaine infection va vite transformer lesdits supporters en hooligans zomblards, et ceux-ci ne vont plus se contenter de jeter des pétards sur la pelouse en hurlant des douceurs exotiques à l’équipe adverse… Pour le coup, les joueurs de l’O.P. vont vraiment mouiller le maillot, jouer collectif et surtout aller au contact. Quelques règles de base quand même : s’il y a un 2e ballon sur le terrain, c’est probablement une tête décapitée, et le hors-jeu ne vaut que si on a l’os du fémur qui transperce la chaussette. Vivement la troisième mi-temps !

À l’approche du Mondial 2014, voilà une mise en jambes qui n’est pas pour nous déplaire ! Réalisé en tandem par Benjamin Rocher (La Horde) et Thierry Poiraud (Atomik Circus et le très poétique court Meurtre d’un broutemécouilles chinois), Goal of the Dead fleure bon l’esprit grindhouse sanglant et potache, tout en se payant un casting de cascadeurs, dont Alban Lenoir (Klaus dans la série Hero Corp) et Sébastien Vandenberghe (Taken 1 & 2).

Pinup Dools on iceJoy est l’heureuse taulière d’un bar cradingue perdu au fin fond de la campagne canadienne. Son estimable clientèle – composée de chasseurs en rut et de vicelards en train de se pignoler entre deux godets de bière éventée – est aussi fidèle à Joy qu’un chien à un lampadaire. Dans le but de les remercier, elle décide d’appeler ses copines – les fameuses Pinup Dolls – pour une soirée striptease au pays des grizzlys et des moufettes. Et les 5 allumeuses professionnelles vont vraiment donner de leur corps : si ce n’est durant la soirée où moult tables vont se lever toutes seules au jet du soutif’, ce sera lors de l’after intime avec Moe. Elles ne le connaissent pas encore, mais Moe est également un spécialiste de l’effeuillage, à ceci près qu’il enlève également la peau et la cage thoracique. Un perfectionniste, en somme.

Avec pareille titraille, on est déjà sûr que ce ne sera pas du Bergman ! Mieux encore, on dirait que Geoff Klein et Melissa Mira ont sondé votre âme de bifffeur pour vous servir le slasher de vos rêves : référence aux classiques (Vendredi 13, Sleepaway Camp), une déferlante de seins nus, du gore bien comme il faut, un méchant nécrophile. Bref, un répulsif contre les féministes de tout crin, une pochade sanglante et décomplexée qui n’a d’autre ambition que de vous rendre aphone à la fin de la séance !

Ma pauvre Marybeth… Pourquoi ne t’es-tu même pas donné la peine d’aller te décrasser les Hatchet IIIaisselles avant d’aller chez les flics ? Avec ta dégaine de Carrie du bled qui s’est encore ramassé du sang de cochon par litrons, tu ne fais pas très sérieuse. D’autant que leur annoncer que tu as réchappé aux infâmes marais de Honey Island (impossible, ma fille !), après avoir transformé Victor Crowley, la terreur mythique du patelin, en apéricubes sanglants à coups de tronçonneuse (ouh, la grosse mytho !) ; tout en laissant un bodycount à deux chiffres de macchabées qui semblent s’être endormis sous une tondeuse à gazon (connaissant Crowley, c’est fort probable) ; tu croyais quoi ? , qu’ils allaient sortir les cotillons et le mousseux en chantant : On s’en fout ! Allez les Djaps Rouches ! On va au Brésil !!! Hé bé non : ils vont aller vérifier par eux-mêmes, ces couillons…

Hatchet, troisième du nom et première apparition au BIFFF ! Cette fois, Adam Green a laissé les rênes du film à B.J. McDonnell (cadreur chevronné de Star Trek Into Darkness, Abraham Lincoln : Vampire Hunter et autres panouilles délirantes) tout en surveillant son bébé de près : toujours pas la moindre trace de CGI, mais des coulées de silicone et de latex au service des morts les plus crassouilles et gores ! Et si, en plus, on a droit à Zach – Gremlins – Galligan et un caméo savoureux de Sid – The Devil’s Rejects, Halloween, The Lords of Salem – Haig, que demande le peuple ? Encore plus de sang ? Adjugé…

Max Brooks a bien essayé de nous prévenir avec World War Z, mais ça n’a pas suffit… Alors, Zombie TVfort de notre devoir citoyen, on a décidé de vous mettre en garde avec quelques situations désagréables que vous pourriez rencontrer avec ces enflures de zombies : une séance de tai-chi en survêt’ Sergio Tacchini pour décapiter du zomblard combinée avec la fameuse prise dite de la mouette hémiplégique ; prêter son avant-bras pour avoir un autographe dentaire de la Céline Dion des morts-vivants ; ou encore revaloriser l’emploi des vieux zombies en renvoyant tous les clandestins chez eux (oui : ces putois décérébrés sont une main d’œuvre inespérée pour les capitalistes de demain !). Cela dit, il y a aussi le coin coquin, le quart d’heure cochon aussi érotique qu’un snuff movie des années 80, mais, que voulez-vous, une copulation de charognes fêlées du casque, ce n’est pas vraiment Un Dernier Tango à Paris non plus, hein…

Qui est derrière tout cela ? La question est purement rhétorique : c’est notre indéboulonnable Yoshihiro Nishimura ! Soufflant sur les cendres de la défunte Nikkatsu, notre spécialiste des effets spéciaux (the ABC’s of death, Cold Fish, Tokyo Gore Police) revient pour un tour de piste mémorable, un pied de nez irrévérencieux aux codes du genre, en poussant une fois encore les limites au-delà de ce qu’il a fait. Donc, oui, ça va gicler velu !

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